Indigenous environmental governance and climate resilience: a comparative analysis of divergent pathways in Côte d'ivoire and Peru
Résumé (anglais)
This study examines the comparative dynamics of indigenous environmental governance and its contribution to climate resilience in Côte d'Ivoire and Peru, two countries with rich indigenous heritage yet facing distinct challenges in integrating traditional knowledge into climate policy. Despite their divergent colonial histories and ecological contexts, both nations grapple with the fundamental question of how indigenous governance systems can be recognized, strengthened, and mobilized to address the climate crisis. The research employs a comparative case study methodology, drawing on policy documents, empirical studies, project reports, and scholarly analyses spanning 2020-2026. Peru has emerged as a global laboratory for indigenous-state co-management models in climate adaptation and forest conservation. The Amarakaeri Communal Reserve (RCA) exemplifies successful co-management between the Peruvian State (SERNANP) and indigenous organizations (ECA-RCA), built on trust and shared responsibility. This model enables the implementation of "Full Life Plans" that articulate indigenous strategic planning with conservation objectives, channel climate funds, and contribute to national emission reduction commitments . The REDD+ Indigenous Amazonian (RIA) initiative demonstrates how indigenous administration contracts can be adapted to implement projects for ecosystem service retribution, with replication potential across 4.5 million hectares of communal reserves . However, challenges persist. Research on Peru's conditional direct transfer (TDC) mechanism reveals gaps between program design and indigenous realities, including lack of cultural awareness, reliance on capitalistic economic indicators that exclude indigenous well-being, and insufficient community engagement in monitoring . The Kichwa people's experience in San Martín illustrates how protected area creation has sometimes excluded indigenous communities from territorial management, prompting counter-mapping initiatives that assert indigenous territorial visions through "speaking maps" . In the Andes, the Potato Park in Cusco demonstrates how biocultural territory models can protect agrobiodiversity while enhancing climate resilience, inspiring the 2016 law on agrobiodiversity zones that recognizes areas of exceptional crop diversity . Côte d'Ivoire presents a different landscape where indigenous environmental governance is less formally recognized, yet traditional knowledge systems remain vital for climate resilience. While specific Ivorian case studies are limited in available literature, the country faces distinct challenges: deforestation driven by cocoa cultivation, land tenure insecurity for indigenous communities, and limited integration of traditional knowledge into national climate policy. The comparison with Peru illuminates potential pathways—recognizing customary land rights, establishing co-management frameworks for protected areas, and creating legal mechanisms that validate indigenous governance systems. Peru's strength lies in its sophisticated legal frameworks for indigenous co-management, its innovative models for channeling climate finance to indigenous organizations, and its growing recognition of indigenous territorial visions through participatory mapping and biocultural protocols . Its challenge is ensuring that these frameworks translate into genuine empowerment rather than continued exclusion, and that conservation incentives align with indigenous conceptions of well-being rather than capitalistic indicators . Côte d'Ivoire's advantage is the potential to build on existing traditional knowledge systems and customary governance while learning from Peru's experiences in legal recognition and co-management. Both countries demonstrate that effective indigenous environmental governance for climate resilience requires: (1) legal recognition of indigenous land rights and governance authority; (2) co-management frameworks that respect indigenous autonomy while enabling state partnership; (3) Free, Prior, and Informed Consent (FPIC) as foundation, not just procedural requirement ; (4) culturally appropriate benefit-sharing mechanisms; (5) integration of traditional knowledge into climate monitoring and adaptation; (6) participatory mapping that asserts indigenous territorial visions; (7) capacity-building for indigenous leaders on climate finance and carbon markets ; and (8) recognition that climate justice requires amplifying indigenous voices in policy decisions .
Mots-clés: Indigenous governance, climate resilience, Côte d'Ivoire, Peru, co-management, traditional knowledge, REDD+, territorial rights, climate justice, biocultural heritage
Résumé (français)
Cette étude examine les dynamiques comparatives de la gouvernance environnementale autochtone et sa contribution à la résilience climatique en Côte d'Ivoire et au Pérou, deux pays au riche patrimoine autochtone mais confrontés à des défis distincts pour intégrer les connaissances traditionnelles dans les politiques climatiques. Malgré leurs histoires coloniales divergentes et leurs contextes écologiques différents, les deux nations sont confrontées à la question fondamentale de savoir comment les systèmes de gouvernance autochtone peuvent être reconnus, renforcés et mobilisés pour faire face à la crise climatique. La recherche emploie une méthodologie d'étude de cas comparative, s'appuyant sur des documents politiques, des études empiriques, des rapports de projets et des analyses savantes couvrant la période 2020-2026. Le Pérou est devenu un laboratoire mondial pour les modèles de cogestion autochtone-étatique dans l'adaptation au climat et la conservation des forêts. La Réserve communale d'Amarakaeri (RCA) illustre une cogestion réussie entre l'État péruvien (SERNANP) et les organisations autochtones (ECA-RCA), fondée sur la confiance et la responsabilité partagée. Ce modèle permet la mise en œuvre de "Plans de Vie Intégrale" qui articulent la planification stratégique autochtone avec les objectifs de conservation, canalisent les fonds climatiques et contribuent aux engagements nationaux de réduction des émissions . L'initiative REDD+ Indigène Amazonien (RIA) démontre comment les contrats d'administration autochtone peuvent être adaptés pour mettre en œuvre des projets de rétribution des services écosystémiques, avec un potentiel de réplication sur 4,5 millions d'hectares de réserves communales . Cependant, des défis persistent. La recherche sur le mécanisme de transfert direct conditionnel (TDC) du Pérou révèle des écarts entre la conception du programme et les réalités autochtones, notamment le manque de sensibilité culturelle, la dépendance à des indicateurs économiques capitalistes qui excluent le bien-être autochtone et un engagement communautaire insuffisant dans le suivi . L'expérience du peuple Kichwa à San Martín illustre comment la création d'aires protégées a parfois exclu les communautés autochtones de la gestion territoriale, provoquant des initiatives de contre-cartographie qui affirment les visions territoriales autochtones à travers des "cartes parlantes" . Dans les Andes, le Parc de la Pomme de Terre à Cusco démontre comment les modèles de territoires bioculturels peuvent protéger l'agrobiodiversité tout en renforçant la résilience climatique, inspirant la loi de 2016 sur les zones d'agrobiodiversité qui reconnaît les zones à diversité culturale exceptionnelle . La Côte d'Ivoire présente un paysage différent où la gouvernance environnementale autochtone est moins formellement reconnue, mais où les systèmes de connaissances traditionnelles restent vitaux pour la résilience climatique. Bien que les études de cas ivoiriennes spécifiques soient limitées dans la littérature disponible, le pays est confronté à des défis distincts : déforestation due à la culture du cacao, insécurité foncière pour les communautés autochtones et intégration limitée des connaissances traditionnelles dans la politique climatique nationale. La comparaison avec le Pérou éclaire des voies potentielles—reconnaître les droits fonciers coutumiers, établir des cadres de cogestion pour les aires protégées et créer des mécanismes juridiques qui valident les systèmes de gouvernance autochtone. La force du Pérou réside dans ses cadres juridiques sophistiqués pour la cogestion autochtone, ses modèles innovants pour canaliser le financement climatique vers les organisations autochtones et sa reconnaissance croissante des visions territoriales autochtones à travers la cartographie participative et les protocoles bioculturels . Son défi est de garantir que ces cadres se traduisent par une autonomisation réelle plutôt qu'une exclusion continue, et que les incitations à la conservation s'alignent sur les conceptions autochtones du bien-être plutôt que sur des indicateurs capitalistes . L'avantage de la Côte d'Ivoire est le potentiel de s'appuyer sur les systèmes de connaissances traditionnelles existants et la gouvernance coutumière tout en apprenant des expériences péruviennes en matière de reconnaissance juridique et de cogestion. Les deux pays démontrent qu'une gouvernance environnementale autochtone efficace pour la résilience climatique nécessite : (1) la reconnaissance juridique des droits fonciers autochtones et de l'autorité de gouvernance ; (2) des cadres de cogestion respectant l'autonomie autochtone tout en permettant le partenariat étatique ; (3) le Consentement Préalable, Libre et Éclairé (CPLE) comme fondement, pas seulement comme exigence procédurale ; (4) des mécanismes de partage des bénéfices culturellement appropriés ; (5) l'intégration des connaissances traditionnelles dans le suivi et l'adaptation climatiques ; (6) la cartographie participative affirmant les visions territoriales autochtones ; (7) le renforcement des capacités des leaders autochtones sur le financement climatique et les marchés du carbone ; et (8) la reconnaissance que la justice climatique nécessite d'amplifier les voix autochtones dans les décisions politiques .
Mots-clés: Gouvernance autochtone, résilience climatique, Côte d'Ivoire, Pérou, cogestion, connaissances traditionnelles, REDD+, droits territoriaux, justice climatique, patrimoine bioculturel